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US Midterms : les questions des investisseurs après la victoire des démocrates

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Points clés :

1. Le blocage politique prend le relais des espoirs de relance budgétaire. Un Congrès contrôlé par les démocrates limiterait la capacité de Donald Trump à mettre en place de nouvelles mesures de relance budgétaire et des baisses d'impôts par voie législative. Cela ne signifie toutefois pas que le président pourrait voir l'ensemble de son programme économique remis en cause. Les pouvoirs exécutifs, les lois déjà en vigueur et le droit de veto présidentiel continuent de peser dans la balance.

2. L'IA fait face à davantage d'obstacles, mais son essor n'est pas remis en cause. Le renforcement du contrôle politique sur la réglementation de l'IA, les centres de données, les coûts énergétiques et les dispositifs d'incitation à l'investissement intervient alors que les investisseurs s'interrogent déjà sur la rentabilité des sommes colossales engagées dans ce secteur. Cette évolution pourrait accélérer le passage d'une exposition généralisée à l'IA vers des entreprises disposant de solides flux de trésorerie, d'un réel pouvoir de fixation des prix et de perspectives de rentabilité clairement identifiables.

3. Les principales opportunités pourraient se trouver en dehors des valeurs technologiques américaines, déjà très prisées. La baisse des rendements des bons du Trésor américain et l'affaiblissement du dollar pourraient soutenir l'or, certains marchés émergents, les actions asiatiques et les obligations à duration plus longue. Les investisseurs doivent toutefois éviter de considérer chaque réaction initiale des marchés comme une tendance durable, notamment au regard des risques liés à l'inflation, à la géopolitique et aux résultats des entreprises.


Les marchés font face à un nouveau paysage politique, à un moment particulièrement délicat pour les valeurs liées à l'intelligence artificielle. Les démocrates étaient déjà bien placés pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, mais leurs résultats particulièrement solides lors des élections sénatoriales ont transformé un revers attendu pour les républicains en une possible victoire démocrate dans les deux chambres du Congrès. Cette situation laisse entrevoir deux dernières années de mandat beaucoup plus conflictuelles pour le président Donald Trump. Les contrats à terme sur les actions américaines ont ainsi reculé, les valeurs technologiques ont été particulièrement touchées, tandis que les bons du Trésor, l'or et les devises autres que le dollar ont bénéficié d'un regain d'intérêt.

Les investisseurs doivent néanmoins faire la distinction entre trois éléments : la réaction immédiate à une surprise politique, les changements de politique économique qui peuvent réellement être mis en œuvre et les fondamentaux des entreprises.


Partie 1 — Le nouveau paysage politique

Q1. Quelles seraient les conséquences d'une victoire démocrate pour l'économie américaine et les marchés financiers ?

La principale conséquence serait le passage d'un paysage politique relativement uni à une situation de blocage institutionnel plus marqué à Washington.

Donald Trump resterait président, mais un Congrès contrôlé par les démocrates limiterait considérablement sa marge de manœuvre législative, notamment en matière de fiscalité, de relance budgétaire et de dépenses publiques. Les démocrates ne disposeraient toutefois pas non plus d'une liberté d'action totale, puisque le président conserve son droit de veto. Le scénario le plus probable serait donc celui de deux années de confrontation politique, d'un renforcement du contrôle parlementaire et d'un blocage législatif, plutôt que d'une remise en cause immédiate des politiques déjà en place.

Pour les marchés, cela signifie moins de visibilité sur les futures mesures de relance et potentiellement davantage d'incertitude sur le plan réglementaire.

La réaction initiale des marchés traduit trois inquiétudes : une marge de manœuvre réduite pour de nouvelles mesures de soutien budgétaire, un contrôle accru de l'IA et des grandes entreprises technologiques, ainsi qu'un possible ralentissement de la dynamique de croissance qui soutient la surperformance de l'économie américaine.

Q2. Cela signifie-t-il que le programme économique de Donald Trump est compromis ?

Non. Il sera davantage contraint, mais pas démantelé.

Cette distinction est importante, car le Congrès et la Maison-Blanche ne disposent pas des mêmes leviers d'action en matière de politique économique.

  • Fiscalité et relance budgétaire : l'adoption de nouvelles baisses d'impôts ou de vastes plans de dépenses publiques deviendrait plus difficile. Les dispositions fiscales déjà inscrites dans la loi ne disparaîtraient pas automatiquement.
  • IA et technologies : le Congrès pourrait renforcer les contrôles et limiter l'adoption de nouvelles mesures incitatives, mais toute réforme réglementaire de grande ampleur resterait exposée au risque d'un veto présidentiel.
  • Commerce et droits de douane : Donald Trump conserve d'importantes prérogatives exécutives en la matière, même si celles-ci restent soumises à certaines limites juridiques. Le seul contrôle démocrate du Congrès ne suffirait donc pas à écarter les risques liés aux droits de douane.
  • Énergie et géopolitique : la Maison-Blanche conserve une influence considérable sur la politique étrangère, les sanctions économiques et les décisions militaires.
  • Nominations : si les démocrates contrôlent le Sénat, la confirmation des juges et des hauts responsables de l'administration pourrait devenir beaucoup plus difficile.

Le risque est qu'une confrontation politique accrue débouche sur des désaccords budgétaires prolongés, des menaces de paralysie des administrations fédérales ou de nouvelles tensions autour du plafond de la dette.

Notre analyse : les marchés pourraient tirer des conclusions trop rapides en supposant qu'un Congrès démocrate entraînerait nécessairement un ralentissement de la croissance. Une grande partie du cadre politique et économique actuel resterait en place, tandis que le cycle d'investissement du secteur privé continuerait de suivre son cours.

Q3. Une victoire démocrate pourrait-elle entraîner une baisse de l'inflation et des taux d'intérêt ?

Elle pourrait atténuer certaines pressions à la hausse sur les rendements des bons du Trésor américain, mais les perspectives d'inflation sont moins évidentes.

Une probabilité plus faible de nouvelles mesures de relance financées par le déficit pourrait réduire les anticipations d'émissions de dette publique et les besoins de financement à long terme par rapport au scénario politique précédent.

Cela permet de comprendre pourquoi les rendements des bons du Trésor ont reculé à mesure que les résultats électoraux se précisaient.

Pour autant, un soutien budgétaire moins important ne signifie pas automatiquement une baisse de l'inflation. Les droits de douane, les prix de l'énergie, les salaires et les contraintes pesant sur les chaînes d'approvisionnement pourraient continuer d'alimenter les tensions inflationnistes.

Pour la Réserve fédérale américaine (Fed), les élections ne changent rien à son mandat. Si la croissance ralentit alors que l'inflation reste élevée, les décisions de politique monétaire pourraient devenir plus délicates.

Conséquence pour les investisseurs : les obligations pourraient profiter d'anticipations de croissance moins favorables, mais une hausse durable de leurs cours nécessitera une confirmation par les données économiques et les tendances de l'inflation, et pas seulement par les résultats électoraux.


Partie 2 — Le nouvel environnement de l'IA

Q4. Pourquoi les valeurs technologiques et les entreprises liées à l'IA sont-elles particulièrement touchées ?

Les élections accélèrent une remise en question du secteur de l'IA qui avait déjà commencé.

À l'approche des élections de mi-mandat, le secteur affichait déjà des valorisations élevées, des engagements d'investissement colossaux et des interrogations croissantes des investisseurs sur la rapidité avec laquelle ces investissements dans l'IA pourraient se transformer en bénéfices.

L'arrivée d'un Congrès démocrate ajoute désormais une nouvelle source d'incertitude : le risque d'un durcissement du contrôle réglementaire.

Trois risques méritent une attention particulière :

  • Un contrôle parlementaire renforcé : multiplication possible des enquêtes sur les entreprises spécialisées dans l'IA, la concurrence, la protection des consommateurs, la confidentialité des données et la sécurité des modèles.
  • Des contraintes accrues sur les centres de données : surveillance plus étroite de leur consommation d'électricité, des coûts liés au réseau, de leur utilisation de l'eau et des procédures d'autorisation. L'opposition des collectivités locales pourrait se traduire par des coûts supplémentaires et des retards dans les projets.
  • Une incertitude accrue autour des investissements : un environnement réglementaire plus strict pourrait inciter les investisseurs à examiner de plus près le financement et la rentabilité des infrastructures dédiées à l'IA.

Le renforcement du contrôle parlementaire pourrait accélérer l'adoption de normes de sécurité pour l'IA, d'évaluations indépendantes des modèles et d'exigences de responsabilité plus strictes pour les développeurs de centres de données.

Il ne faut toutefois pas confondre cette évolution avec une politique ouvertement hostile à l'IA. Cette technologie revêt une importance stratégique pour la compétitivité des États-Unis, notamment face à la Chine, et les deux partis restent largement favorables au maintien du leadership américain dans ce domaine.

Notre analyse : le résultat électoral constitue un catalyseur susceptible d'entraîner une réévaluation des valorisations. Mais le problème de fond est ailleurs : les investisseurs sont de moins en moins disposés à récompenser les dépenses liées à l'IA en l'absence de perspectives crédibles de rentabilité.

Q5. Assiste-t-on au début de la fin de l'engouement pour l'IA ?

Non. En revanche, nous pourrions assister à une nouvelle étape de la transition entre un cycle d'investissement massif dans l'IA et un cycle davantage axé sur sa rentabilité.

Jusqu'à récemment, les entreprises étaient souvent récompensées par les marchés simplement parce qu'elles augmentaient leurs capacités dans le domaine de l'IA. Désormais, les investisseurs posent des questions beaucoup plus exigeantes : qui finance cette expansion ? Quelle part repose sur l'endettement ? À quelle vitesse les nouvelles capacités généreront-elles des revenus ? Et qui captera réellement la valeur économique créée ?

Le marché de l'IA se divise de plus en plus en trois catégories :

Les leaders établisLes plateformes rentables, les principaux fournisseurs de puces et les producteurs de mémoire disposant de bilans solides et d'une demande clairement identifiée. Ces entreprises sont généralement plus résilientes, même si elles ne sont pas à l'abri d'une contraction de leurs valorisations.
Les infrastructures à forte intensité capitalistiqueLes développeurs de centres de données et les fournisseurs de capacités fortement endettés, davantage exposés aux risques de financement, d'approvisionnement énergétique et de réglementation.
Les entreprises qui adoptent l'IALes entreprises qui utilisent l'IA pour améliorer leur productivité, leurs marges et l'expérience client, sans avoir à financer elles-mêmes l'ensemble des infrastructures nécessaires à son développement.

La prochaine phase du marché de l'IA pourrait de plus en plus favoriser cette troisième catégorie, tout en restant sélective parmi les entreprises de la première.

Cela signifie également que certaines des meilleures opportunités d'investissement liées à l'IA pourraient, à terme, se trouver en dehors de l'univers traditionnel des fabricants de semi-conducteurs et des géants du cloud.


Q6. Est-ce le bon moment pour profiter de la baisse des valeurs technologiques américaines ?

Certains titres peuvent effectivement présenter des opportunités, mais nous éviterions d'acheter l'ensemble du secteur simplement parce que les cours ont reculé.

Les contrats à terme sur le Nasdaq-100 se sont rapprochés de niveaux de survente d'un point de vue technique, avec un RSI (indice de force relative) à 14 jours proche de 30. Cette situation peut favoriser un rebond à court terme, notamment lorsque le positionnement des investisseurs devient excessivement déséquilibré.

Mais le contrat à terme est également passé sous sa moyenne mobile à 200 jours, ce qui laisse penser que les ventes liées aux signaux techniques et l'ouverture de nouvelles positions vendeuses pourraient prolonger la volatilité.

Il faut donc faire la distinction entre un simple rebond technique et une véritable réévaluation des perspectives fondamentales.

Pour les investisseurs de long terme, nous privilégierions les leaders rentables de l'IA, disposant de bilans solides, d'une clientèle établie et d'une capacité durable à générer des flux de trésorerie. Nous serions plus prudents à l'égard des entreprises d'infrastructures fortement endettées, dont le modèle économique repose sur une hausse continue des dépenses d'investissement et un accès facile au financement.

Nous éviterions également de supposer qu'une baisse des rendements des bons du Trésor suffira automatiquement à soutenir toutes les valeurs de croissance. Des taux d'actualisation plus faibles peuvent favoriser les valorisations, mais pas si les anticipations de bénéfices se dégradent simultanément.

En résumé : privilégier les entreprises de qualité, de manière sélective et progressive, plutôt que de chercher à acheter exactement au point le plus bas. Le cycle des résultats, notamment avec la prochaine publication de Nvidia, constituera un indicateur bien plus pertinent pour évaluer la solidité du scénario d'investissement dans l'IA que les élections à elles seules.


Partie 3 — Les stratégies à adopter sur les différentes classes d'actifs

Q7. Quelles sont les perspectives pour les actions, les obligations, les devises et les matières premières après la victoire démocrate ?

Il s'agit d'une appréciation des tendances, et non de prévisions de cours en temps réel. Le court terme correspond aux prochains jours et aux prochaines semaines.

Classe d'actifsBiais à court termePrincipaux facteurs et risques
Actions américainesPrudenceLa perspective d'un soutien budgétaire moins important et le renforcement du contrôle de l'IA pèsent sur les valorisations. De solides résultats d'entreprises pourraient toutefois limiter le potentiel de baisse.
IA américaine / NasdaqForte volatilitéLes inquiétudes réglementaires et les dépenses d'investissement pèsent sur le secteur. Des conditions de survente pourraient néanmoins déclencher un rebond marqué.
Bons du Trésor américainOrientation favorableDes anticipations de relance budgétaire plus faibles pourraient soutenir les obligations. Une inflation persistante et les déficits publics pourraient toutefois interrompre leur progression.
Dollar américainBiais baissierLa diminution de son avantage en matière de rendement et la réévaluation des perspectives de croissance pèsent sur la devise.
Euro et yenBien orientésL'affaiblissement du dollar et la baisse des rendements leur sont favorables, même si les fondamentaux économiques propres à chaque zone restent différents.
OrPerspectives favorablesLa baisse des rendements réels, l'affaiblissement du dollar et les incertitudes politiques soutiennent le métal jaune. Il reste toutefois vulnérable à une nouvelle hausse des rendements ou à une escalade des tensions au Moyen-Orient.
PétroleÉvolution incertaineLes inquiétudes concernant la croissance pèsent sur les prix, mais une escalade des tensions avec l'Iran pourrait provoquer de brusques hausses.
Devises des marchés émergentsOrientation sélectivement favorableUn dollar plus faible et une volatilité réduite favorisent les stratégies de portage, même si les risques propres à chaque pays pourraient limiter le rebond.


Q8. Le dollar américain entre-t-il dans une phase de baisse durable ?

Plusieurs éléments plaident en faveur d'un dollar plus faible, mais il est encore trop tôt pour annoncer la fin de la surperformance de l'économie américaine.

Le mécanisme immédiat est relativement simple : la diminution des anticipations de relance budgétaire exerce une pression à la baisse sur les rendements des bons du Trésor, ce qui réduit à son tour l'avantage du dollar en matière de taux d'intérêt.

Parallèlement, les incertitudes croissantes concernant le leadership américain dans le secteur technologique pourraient inciter certains investisseurs internationaux à diversifier davantage leurs portefeuilles.

L'euro et le yen ont déjà bénéficié de cette dynamique. Mais l'évolution du dollar dépendra finalement des écarts de croissance et de taux d'intérêt entre les grandes économies. Si les États-Unis continuent de faire mieux que leurs partenaires économiques, ou si les tensions géopolitiques s'intensifient, la demande de dollars pourrait repartir à la hausse.

Notre analyse : nous estimons qu'il est plus pertinent de réduire une exposition excessive au dollar que de prendre une position fortement baissière et unidirectionnelle sur la devise américaine.


Q9. Quelles conséquences pour les bons du Trésor américain ? Les obligations à duration intermédiaire redeviennent-elles intéressantes ?

Les élections renforcent l'intérêt tactique des bons du Trésor américain.

Avec un Congrès démocrate susceptible de limiter l'adoption de nouvelles mesures de relance budgétaire, les investisseurs réévaluent les perspectives de croissance, les besoins de financement de l'État et l'évolution future des taux d'intérêt.

Cette situation pourrait soutenir les obligations de deux manières : par une révision à la baisse des anticipations de croissance et par une diminution de la prime liée à l'expansion budgétaire qui était auparavant intégrée dans les rendements.

Il ne faut toutefois pas confondre blocage politique et programme de réduction de la dette. Les États-Unis restent confrontés à des charges d'intérêts considérables et à des déséquilibres budgétaires structurels, quel que soit le parti qui contrôle le Congrès.

Nous privilégierions les obligations de qualité à duration intermédiaire plutôt qu'un pari agressif sur les échéances les plus longues de la courbe des taux.

La partie intermédiaire de la courbe des bons du Trésor pourrait offrir un compromis intéressant entre rendement et potentiel d'appréciation des cours si la croissance venait à ralentir.

Le principal risque serait une nouvelle accélération de l'inflation ou une hausse des primes de terme, susceptible de faire remonter les rendements des obligations à longue échéance malgré un ralentissement économique.


Q10. L'or fait-il partie des grands gagnants des élections de mi-mandat ?

L'or bénéficie d'une combinaison de facteurs relativement favorable : des rendements américains en baisse, un dollar plus faible et un regain d'incertitude politique.

Son attrait dépasse largement le cadre des élections. Les tensions géopolitiques, les interrogations sur la soutenabilité des finances publiques et la volonté de diversifier des portefeuilles trop concentrés sur les actions continuent de soutenir l'intérêt stratégique du métal jaune.

Les investisseurs doivent néanmoins faire la distinction entre l'or comme instrument de diversification d'un portefeuille et l'or comme placement spéculatif à court terme lié aux élections.

Si les rendements américains repartent à la hausse ou si le dollar se redresse, le cours de l'or pourrait connaître un nouveau repli. Toute escalade géopolitique constitue également un facteur de risque majeur, notamment si le conflit entre les États-Unis et l'Iran venait à s'intensifier.

Notre analyse : l'or conserve toute sa pertinence comme couverture stratégique contre l'inflation, les chocs géopolitiques et l'incertitude politique, plutôt que comme moyen de profiter des mouvements immédiats provoqués par les résultats électoraux.


Partie 4 — Que doivent faire les investisseurs maintenant ?

Q11. Est-ce le moment de réduire son exposition aux actifs américains au profit des marchés internationaux ?

Cette situation renforce l'intérêt d'une meilleure diversification, mais ne justifie pas pour autant d'abandonner les actions américaines.

Les entreprises américaines conservent des avantages considérables en matière de leadership technologique, de rentabilité, d'innovation et d'accès aux capitaux. Le blocage politique ne remet pas en cause ces atouts.

Le marché reste toutefois fortement concentré sur les valeurs technologiques américaines. Les investisseurs pourraient donc se demander de plus en plus si ces mêmes entreprises sont encore capables de générer des performances exceptionnelles alors que leurs valorisations restent élevées.

Nous identifions trois pistes de diversification potentiellement intéressantes :

  • L'Asie : certaines entreprises technologiques chinoises et les sociétés qui profitent de l'adoption de l'IA sur leurs marchés domestiques.
  • Une exposition plus large aux actions américaines : les indices équipondérés, les entreprises de qualité en dehors des grandes capitalisations technologiques, le secteur de la santé et les sociétés capables d'améliorer leurs marges grâce à l'IA.
  • La diversification multi-actifs : les obligations à duration intermédiaire et l'or comme sources complémentaires de diversification, plutôt que de dépendre exclusivement des actions pour générer de la performance.

Il est important de rappeler qu'une correction des valeurs technologiques américaines ne signifie pas automatiquement que toutes les actions internationales vont progresser. Une vague généralisée d'aversion au risque peut affecter les deux catégories d'actifs.


Q12. Quels éléments pourraient inverser la réaction négative actuelle des marchés ?

Trois principaux catalyseurs pourraient changer la donne.

Premièrement, les résultats des entreprises spécialisées dans l'IA. Si les principaux groupes technologiques démontrent que leurs dépenses d'investissement se traduisent effectivement par une hausse de leurs revenus et de leurs bénéfices, les inquiétudes concernant le cycle d'investissement dans l'IA pourraient s'atténuer.

Deuxièmement, les indicateurs économiques. Des données solides sur l'emploi et la croissance aux États-Unis pourraient remettre en question l'idée selon laquelle le blocage politique affaiblirait sensiblement l'économie. Une inflation persistante pourrait également mettre un terme à la hausse des obligations du Trésor.

Troisièmement, une meilleure visibilité sur les orientations politiques. Si les investisseurs estiment que le nouveau Congrès peut alimenter les tensions politiques sans pour autant perturber significativement les investissements dans l'IA, une partie de la prime de risque réglementaire pourrait disparaître.

Le principal risque pour ce scénario plus favorable serait une combinaison d'incertitude politique, de ralentissement des bénéfices des entreprises, de conditions de financement plus difficiles pour les projets liés à l'IA ou d'un nouveau choc géopolitique.


Q13. Quels sont les principaux éléments à surveiller d'ici la fin de l'année ?

Nous privilégierions quatre questions plutôt que de nous focaliser uniquement sur les résultats électoraux.

1. Les dépenses liées à l'IA ralentissent-elles réellement, ou les marchés exigent-ils simplement de meilleurs retours sur investissement ? Il faudra surveiller les résultats de Nvidia, les prévisions de dépenses des géants du cloud, le financement des centres de données et les commandes de semi-conducteurs.

2. La baisse des rendements des bons du Trésor est-elle due à une amélioration des anticipations d'inflation ou à une dégradation des perspectives de croissance ? Cette distinction est essentielle pour les marchés actions et le crédit.

3. L'affaiblissement du dollar va-t-il se poursuivre ? Une baisse durable de la devise américaine apporterait un soutien plus marqué aux actions asiatiques, aux devises des marchés émergents et à l'or.

4. Le blocage politique va-t-il se transformer en confrontation budgétaire ? Les négociations autour du budget, les évolutions concernant le plafond de la dette, les enquêtes parlementaires et les nouvelles restrictions locales visant les centres de données pourraient devenir les prochaines sources de volatilité.

Les deux prochains mois permettront de déterminer si les élections de mi-mandat ont simplement accéléré une rotation déjà amorcée sur les marchés ou si elles ont marqué un véritable changement dans les secteurs et les entreprises qui tirent la performance boursière.

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