Les résultats d'Hermès en 1 chiffre
Résumé: Hermès publie un trimestre en décevant, avec une croissance inférieure aux attentes. La maroquinerie reste le principal moteur grâce au succès des sacs emblématiques, tandis que le ralentissement en Chine pèse sur les accessoires, les chaussures et les montres. La direction reste confiante à long terme, mais le recul de l’action traduit les doutes des investisseurs sur la capacité du groupe à maintenir son rythme de croissance et à préserver ses marges dans un environnement moins porteur.
5,2%
C'est la croissance organique que les analystes attendaient au troisième trimestre, contre seulement 4,3 % réellement publiés. L'écart paraît limité, mais il raconte une histoire importante : même Hermès, l'une des maisons les plus résistantes du luxe, n'échappe plus au ralentissement du secteur.
Le problème n'est pas la maroquinerie, qui continue de progresser de plus de 10 %. C'est plutôt la faiblesse des autres catégories, particulièrement exposées au recul de la fréquentation en Chine.
Les résultats en 30 secondes
- Chiffre d'affaires trimestriel : 4,10 Md€, en hausse de 4,3 % à taux de change constants, contre une croissance attendue de 5,2 %.
- Sur neuf mois : 12,26 Md€ de ventes, en progression de 5,5 % à taux constants, mais de seulement 2,9 % aux taux de change courants.
- La maroquinerie reste le moteur : +10,8 % au troisième trimestre. À l'inverse, le vêtement et les accessoires reculent de 2 %, et l'horlogerie de 6 %.
- La Chine ne redémarre pas : la Grande Chine reste stable, avec une fréquentation en baisse qui touche particulièrement les accessoires, les chaussures et les montres.
- L'action chute après la publication. Les sources de marché rapportent une baisse de l'ordre de 5 à 7 % selon l'heure de cotation et le point de mesure.
Les bonnes nouvelles
La maroquinerie confirme la solidité du modèle Hermès
Les ventes de maroquinerie et de sellerie progressent de 10,8 % au troisième trimestre. Pendant le Q&A, la direction précise que cette croissance est équilibrée entre les régions et que toute la production est vendue.
C'est essentiel : Hermès ne dépend pas d'un seul marché pour vendre ses sacs. La marque conserve une demande forte, même lorsque les consommateurs deviennent plus prudents sur d'autres catégories de produits.
Le ralentissement américain semble moins inquiétant qu'il n'y paraît
Les analystes ont interrogé la direction sur la décélération des ventes aux États-Unis. Le directeur financier l'explique notamment par une comparaison difficile : les ventes avaient progressé de 14 % au troisième trimestre 2025.
Il indique également que l'activité est revenue vers le rythme observé en début d'année. Autrement dit, le ralentissement ne semble pas, à ce stade, signaler un retournement de la demande américaine. C'est rassurant, même si les prochains résultats devront le confirmer.
Hermès conserve ses ambitions de développement
Le groupe poursuit ses investissements dans les ateliers, les boutiques et les nouvelles collections. Les prochains lancements comprennent notamment une première collection masculine signée Grace Wales Bonner et une nouvelle collection Couture prévue en 2027.
Ces projets peuvent soutenir le renouvellement de la demande, en particulier dans les catégories moins dynamiques. Ils restent néanmoins des relais de croissance potentiels, pas une garantie de reprise à court terme.
Les points de vigilance
Le prêt-à-porter et les accessoires passent dans le rouge
C'est probablement le signal le plus important de la publication. Cette division, qui représente plus d'un quart du chiffre d'affaires trimestriel, recule de 2 % au troisième trimestre. Pendant le Q&A, la direction explique que la Chine pèse particulièrement sur les accessoires, les chaussures et certaines catégories de produits plus accessibles. Elle souligne aussi que les ventes de prêt-à-porter restent satisfaisantes dans les autres régions et que les collections continuent de bien se vendre en magasin.
La nuance est importante : ce recul ne signifie pas nécessairement que les produits ont perdu leur attrait. Mais si la faiblesse des catégories hors maroquinerie se prolonge, elle pourrait peser davantage sur la croissance globale.
En Chine, la baisse du trafic est le vrai problème à surveiller
Les analystes ont cherché à distinguer deux phénomènes : les clients qui dépensent moins et ceux qui viennent moins souvent en boutique. La direction pointe principalement le second.
Le contexte reste compliqué : confiance des consommateurs faible, immobilier sous pression et nouvelle taxe sur certains achats de produits à l'étranger. Les catégories les plus exposées sont les accessoires, les montres et les chaussures.
Ce qu'il faut retenir : la stabilité des ventes en Grande Chine est plutôt rassurante, mais elle masque des évolutions très différentes selon les produits. Le retour des clients en boutique sera un indicateur plus révélateur qu'une simple déclaration de confiance du management.
La rentabilité pourrait être mise à l'épreuve en 2027
C'est un sujet important du Q&A, même si Hermès n'a pas publié de nouvelle prévision de marge à l'occasion de ce point trimestriel.
Les analystes ont demandé quelle croissance serait nécessaire pour absorber les hausses de salaires, les coûts des matières premières et les investissements. Le directeur financier a indiqué qu'une augmentation des prix de 4 à 5 % pourrait être pertinente pour couvrir ces coûts, tout en précisant que la politique tarifaire 2027 n'était pas encore arrêtée.
Il a également indiqué que les hausses de prix de 2027 seraient probablement légèrement inférieures à celles de 2026. Si la croissance ralentit alors que les coûts continuent d'augmenter, la marge pourrait subir une pression. Il faudra donc attendre les prochains résultats annuels pour mesurer cet effet.
Le marché n'accorde plus à Hermès le bénéfice du doute
La réaction boursière montre que la qualité de la marque ne suffit plus à neutraliser une déception sur la croissance. Le titre a chuté après une publication inférieure aux attentes, dans un contexte où l'action avait déjà fortement reculé depuis le début de l'année.
Le chiffre à surveiller
Le retour à une croissance supérieure à 5 %
Le troisième trimestre marque une rupture avec le rythme de croissance auquel Hermès avait habitué le marché. Les ventes progressent de 4,3 % à taux de change constants, contre 6,7 % au deuxième trimestre et 5,2 % attendus par les analystes.
Au prochain trimestre, trois éléments permettront de déterminer si ce ralentissement est temporaire :
- La Chine : la fréquentation des magasins se stabilise-t-elle, notamment pour les produits plus accessibles ?
- Les activités hors maroquinerie : le prêt-à-porter, les accessoires et les montres cessent-ils de reculer ?
- La maroquinerie : la croissance reste-t-elle proche de 10 %, sans dépendre d'une augmentation trop rapide des capacités de production ?
Ce qu'il faut retenir
La thèse d'investissement sur Hermès est globalement inchangée sur la qualité du modèle, mais fragilisée sur la trajectoire de croissance.
Le Q&A confirme que la maroquinerie reste extrêmement solide et que la faiblesse américaine semble davantage liée à une comparaison difficile qu'à un retournement de la demande.
En revanche, la Chine reste compliquée et le recul du prêt-à-porter et des accessoires constitue un signal plus préoccupant que ne le suggère la seule croissance du chiffre d'affaires.